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Robert Losson est né le 8 août
1946. Dès l'âge de 7 ans, il s'amusait à manipuler le
petit canif à secret tout métal que sa mère portait
dans son sac (cf photo). Puis à 12 ans, il reçoit son
premier couteau, un couteau de Louveteaux offert par
son oncle à l'occasion de sa communion. Ce couteau est
un Sabatier Jeune, manche cerf (cf photo). Enfant de
Troupe aux Andelys, Robert se divertissait en refaçonnant
le manche de ses premiers Opinel. Elève à Chatellerault,
il rêvait devant la vitrine de la Maison Joyaux devant
un "100 pièces" en nacre qui tournait sur un présentoir
en "verre glace a facette", entouré de quelques automatiques
divers...
En 1978, sa passion pour les couteaux
et les systèmes est toujours présente mais perdue au
milieu des aléas de la vie professionnelle. C'est là
que le premier déclic survient, et ravive la flamme
de la passion : Robert Losson reçoit en cadeau "Le livre
des Couteaux" de Yvan De Riaz qui lui fait découvrir
les couteaux custom, pour la première fois de
façon iconographique : "C'est un choc, de par la qualité
générale du livre et bien entendu de celle des couteaux
présentés; J'ai d'ailleurs gardé depuis la passion de
la documentation."
A cette occasion, Robert ose re-dessiner son premier
couteau en louchant sur le couteau de botte de Tommy
Lee. 10 ans plus tard il redécouvrira le document
et concrétisera ce premier coup de coeur ! "Je ne savais
pas encore que je croiserai ce Pape du double tranchant
à Thiers plus de 20 ans après (cf photo) ! Ceci à l'occasion
du salon mis en place par la jeune CCI
de Thiers..."
En 1986, Robert Losson suit des cours
d'anglais en imposant à sa professeur les traductions
des Knives Bibles, ses anciens livres de chevet.
Ce cours débouche sur un séjour aux USA la même année,
avec comme trame de voyage, la visite de quelques couteliers
localisés sur le parcours : " j'ai le plaisir de rencontrer
Dan Denehy, le célèbre co-fondateur de la Guilde
US, fournisseur de Garry Cooper et de John Wayne ! Je
visite ainsi le premier atelier d'un knifemaker
qui me montre un prototype de Barry Wood (cf
photo), nous partageons un café dans son mobile-home,
où il m' exhibe les joujoux préférés de Jeff Cooper,
le roi du Practical Shooting... je ne touchais
plus terre, étant moi même encore tireur sportif à l'époque.
Puis c'est Frank Lampton, capable avec un seul
bras vraiment valide, de réaliser des pliants superbes,
au fonctionnement parfait grâce à une précision de montage
qui me laisse pantois, moi le petit ajusteur-fraiseur
sortit de la Manufacture de Chatellerault. Je
visite aussi Gerry Jean, un usineur de précision,
qui me fait cadeaux de quelques Blade Magazine.
Je reviens des US avec un Case et le guide "pocket knife".
Je n'étais encore à cette période qu'un amateur passionné
mais béotien, le choix et les prix des customs
ne m'étant pas accessibles."
En 1988, Robert Losson remet littéralement
en question son activité professionnelle. En constants
déplacements, c'est à l'occasion d'un séjour à Lyon
que la décision est prise : sa profession sera de fabriquer
des couteaux... de ses propres mains !
A la même période, André Racinoux
lui expédie pour avis et commentaires son premier couteau
hand-made : "Véritable secousse tellurique que
ce premier couteau ! Les causes et leurs effets font
que j'ai l'utopie de croire que je peux aussi faire
mes propres couteaux !"
Sur le chemin du retour de Lyon, avec
la ferme intention de se lancer dans le métier, Robert
décide de poursuivre la quête documentaire qu'il estime
indispensable à la poursuite de son projet. Cette recherche
lui fait rencontrer, à la Librairie Etrangère de Toulouse,
Mr Francis Anglade, grand collectionneur, Membre
Honoraire de la Guilde US qui l'encourage, aux vues
de ses premiers couteaux, à exposer au 1e SICAC. Il
participe à ce "salon" alors situé Porte de Versailles,
comme Hobbyste invité où, en compagnie d'André
Racinoux, il expose ses premières réalisations,
uniquement des modèles non pliants : "L'immersion avec
les couteliers Européens & Américains, me fait constater
le fossé à franchir ; le challenge est clair et sans
appel !"
A Toulouse encore, c'est Mme Hélène
Bouffil de l'Arquebuserie qui l'encouragea dans
son travail, par l'acquisition régulière de modèles
sortis de son atelier d'Auvillar ("Alta Villa" en vieux
français).
Voila en quelques repères les raisons
pour lesquelles Robert Losson fait des couteaux, considérant
qu'il s'agit pour lui d'une écriture, au même titre
que celle d'un sculpteur ou d'un potier. Bien sûr, la
partie inconsciente de cette aventure est vaste, mais
c'est la une toute autre Histoire !
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